CCEAE/CCGES-Université de Montréal
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Rapport de séjour d’études - Alexandre Huard - novembre 2008

ALEXANDRE HUARD

Study Tour 2008 Eastern Germany : The Great Transformation

Rapport remis au Centre Canadien d’Études Allemandes et Européennes, Université de Montréal

Novembre 2008

Dans le cadre du vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin qui approche, les Centres Canadiens d’Études Allemandes et Européennes de Montréal (CCEAE) et de Toronto (CCGES), respectivement affiliés à l’Université de Montréal et à l’Université York, ont mis sur pied un programme d’étude (« Study Tour ») qui a eu lieu au mois d’octobre 2008 et qui avait pour thème la reconstruction économique, le changement social et l’héritage culturel de l’Allemagne de l’Est suite à la révolution de 1989 et à la réunification allemande de 1990. Pour les participants, tous aux cycles supérieurs et issus de domaines aussi divers que l’histoire, la science politique, la philosophie, les études environnementales, la planification urbaine, l’économie et la sociologie, l’objectif principal du pojet en question consistait, d’une part, à approfondir l’analyse de la situation actuelle de l’Allemagne de l’Est et, d’autre part, à parfaire l’apprentissage de la langue allemande. Intitulé : « Eastern Germany : The Great Transformation » et dirigé en allemand sur une durée de douze jours dans dix villes est-allemandes (Berlin, Frankfurt-an-der-Oder, Eisenhüttenstadt, Cottbus, Grossrächen, Görlitz, Dresden, Bischofswerda, Hoyerswerda et Leipzig) et deux villes polonaises (Slubice et Zgorzelec), le Study Tour, qui a été un succès sur toute la ligne, n’aurait pu voir le jour sans le travail remarquable de John Paul Kleiner, coordinateur du CCGES, et de Marcus Funck, associé au CCGES et représentant de l’Office Allemand d’Échanges Universitaires (DAAD). À cet égard, grâce au soutien financier du CCEAE et du CCGES, les participants ont pu bénéficier d’un remboursement complet quant aux déplacements, qui incluaient le transport en avion, en train et en autobus, ainsi que d’une indemnisation totale pour ce qui est du logement. Dans une perspective interdisciplinaire, les participants ont eu la chance, tout au long du périple, non seulement d’assister à des séminaires, des exposés et des conférences tenus dans différents instituts de recherche, musées, hôtels de ville et universités, mais aussi de parcourir les villes à pied sous la conduite de guides chevronnés et d’échanger avec des ressortissants de l’ex-République Démocratique Allemande (RDA). Les thématiques abordées touchaient principalement à la transition vers le capitalisme, à la restructuration des rapports politiques et économiques, à la reconfiguration du paysage urbain et, sur une note moins positive, à la nostalgie du communisme, à l’exode massif vers l’Ouest et à la recrudescence du néo-nazisme sur le territoire est-allemand. Comme le soulignait Wolfgang Tiefensee, ex-maire de Leipzig et ministre fédéral du Transport, de la Construction et du Développement Urbain du cabinet Merkel lors de la visite des participants au ministère du même nom localisé à Berlin-Est : « L’Allemagne de l’Est est un cas d’ombre et de lumière. Si nous avons atteint une bonne part de nos objectifs, il reste encore beaucoup à faire ». En témoignent les innombrables logis abandonnés, délabrés, les maisons en ruine et les bâtiments détruits ou en voie de démolition, sans situation de rechange, qui entament de brèches architecturales l’espace urbain est-allemand et qui nourrissent une atmosphère de désertion. En effet, près de 800 000 nouveaux logements ont été construits suite à la réunification allemande et jusqu’à ce jour, plus 1,2 million d’est-allemands ont déménagé à l’Ouest. Sans compter un taux de chômage grimpant, qui dans certaines villes monte à près de 20% et qui à tout bien considérer alimente soit la nostalgie des plus vieux envers le plein-emploi caractéristique des régimes communistes, soit le désarroi des plus jeunes qui parfois, s’ils n’émigrent pas vers l’Ouest, finisent par joindre les rangs de groupes extrémistes. Une expérience académique incomparablement édifiante qui somme toute viendra enrichir les projets d’étude de tout un chacun. À proprement parler, le caractère unique et incroyablement instructif de l’expédition ainsi décrite brièvement a fait unanimité chez tous les participants, qu’ils soient à la maîtrise ou au doctorat et y compris les organisateurs. Une occasion inestimable, tout compte fait, qui aurait été impossible sans l’organisation et le dévouement des Centres Canadiens d’Études Allemandes et Européennes.