CCEAE/CCGES-Université de Montréal
--
ACCUEIL ENSEIGNEMENT RECHERCHE CONTACT CENTRE AT YORK UNIVERSITY

Rapport de séjour de recherche de Maud Rodrigue

Grâce au financement du Centre Canadien d’Études Allemandes et Européennes, du 23 avril au 1er septembre 2010, j’ai eu la chance de prendre part à un séjour de recherches à Munich en Allemagne et à Vienne en Autriche. Le but premier de ce voyage était d’effectuer une collecte d’informations en vue de la rédaction de ma thèse de maîtrise ayant pour thème Les débuts de l’illustration viennoise : éclosion d’une iconographie pour la jeunesse au temps des Lumières.

Les objectifs de ce séjour de recherche étaient multiples. Tout d’abord, il me fallait étudier les mécanismes de production et de diffusion des images pour enfants au XVIIIe siècle. L’illustration des livres pour enfants s’étant développée tardivement sur la scène viennoise, je souhaitais évaluer en contexte un système de classification des images qui me permettrait de comparer les illustrations de différentes écoles de gravure allemandes et autrichiennes pour dénoter leurs caractéristiques et leurs influences mutuelles.

La Bibliothèque internationale de littérature jeunesse de Munich, où j’ai séjourné durant trois mois en tant que chercheure, possède l’une des plus importantes collections de livres pour enfants du monde entier. J’ai pu y explorer des livres pour la jeunesse parus entre le milieu du XVIIe et la fin du XVIIIe siècle. Je me suis intéressée principalement aux différentes techniques de gravure ainsi qu’aux stratégies illustratives employées pour instruire les jeunes tout en les amusant, selon les volontés pédagogiques de l’époque. En plus d’étudier ces livres anciens, la lecture de différents ouvrages traitant de littérature jeunesse et d’illustration m’a permis de finaliser un système de classification des images adaptée au livre historique pour enfant. Cet outil d’analyse me permettra de déterminer avec précision les caractéristiques de la gravure pour enfant au XVIIIe siècle et surtout d’en comprendre l’évolution. Enfin, l’étude m’a surtout permis d’identifier les principaux facteurs ayant influencé la production d’images dans les livres pour la jeunesse datant de l’époque des lumières. Ce séjour de recherche à Munich m’a donc permis de récolter une somme considérable d’informations, notamment sur les débuts de l’édition et sur le marché du livre au XVIIIe siècle.

La deuxième partie de mon voyage avait pour objectif de compléter des recherches sur un artiste autrichien entamées deux ans plus tôt. Si mes recherches aux archives de l’Église catholique d’Augsbourg n’ont pas été concluantes, il en a été tout autrement à Vienne. Grâce à des visites répétées aux archives de la ville et avec l’aide d’informations provenant du diocèse de l’Église catholique et des archives de l’académie des beaux arts de Vienne, j’ai pu retracer les étapes importantes de la vie d’un graveur viennois jusqu’à maintenant peu connu du public. L’étude des registres de différentes paroisses m’a aussi permis de collecter des informations précieuses sur sa famille. Grâce au fruit de ces recherches, je travaille présentement à la rédaction d’un chapitre clé de ma thèse que j’espère ensuite publier.

En vue de préparer un voyage de recherches futur, prévu pour 2011, ce séjour à Vienne m’a aussi permis de confirmer le choix de deux ouvrages qui me servirons de modèle pour appuyer ma thèse. J’ai ainsi pu y élaborer mon plan de rédaction tout en enrichissant ma bibliographie.

Ce voyage fut une expérience inoubliable, tant sur le plan académique que sur le plan humain. Dans les différentes institutions visitées, j’ai appris à consulter les archives et utilisé de nouveaux outils. Ce faisant, j’ai acquis une expérience inestimable en recherche. Le voyage m’a non seulement permis de consulter des livres anciens, sans lesquels je n’aurais pu mener à bien ma maîtrise ; j’ai aussi eu la chance, tant à Munich qu’à Vienne d’assister à des conférences et d’échanger avec des chercheurs expérimentés qui ont su me conseiller tant pour la collecte d’informations que sur la méthodologie de recherche à adopter. J’ai aussi fait des découvertes inattendues. Ainsi, grâce à l’aide d’une historienne de l’art, Dr. Marena Marquet, j’ai appris des bases essentielles à la lecture de documents manuscrits rédigés en langue allemande au XVIIIe siècle, une aide précieuse pour mes recherches futures.

Je tiens à remercier sincèrement le Centre Canadien d’Études Allemandes et Européennes qui a rendu ce voyage possible. Cet appui est un encouragement précieux à persévérer dans mes études. Grâce au travail réalisé cet été, j’entreprends maintenant la rédaction de ma thèse avec beaucoup d’enthousiasme.