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Rapport de séjour de recherche de Marie-Hélène Benoît-Otis - 2009

Montréal, le 3 août 2009

Le Centre canadien d’études allemandes et européennes 3744, rue Jean-Brillant, bureau 525 Montréal (Québec) H3T 1P1

Rapport de séjour suite à l’obtention d’une bourse de recherche

par Marie-Hélène Benoit-Otis, étudiante au doctorat en musicologie, Université de Montréal et Freie Universität Berlin

La bourse de recherche que m’a accordée le Centre au printemps 2009 a permis de financer partiellement un séjour de quatre semaines à Paris et à Berlin dans le cadre de mon doctorat en musicologie en co-tutelle à l’Université de Montréal et à la Freie Universität Berlin. Au cours de ce séjour, j’ai complété les recherches nécessaires en vue de la finalisation de ma thèse, j’ai rencontré mon directeur de recherche de la FU, M. Jürgen Maehder, et j’ai présenté une conférence dans le cadre du Colloquium d’études supérieures dirigé par ce dernier.

Rédigée sous la direction conjointe de MM. Jean-Jacques Nattiez et Jürgen Maehder, ma thèse s’intitule « Un compositeur français et le wagnérisme : Le Roi Arthus d’Ernest Chausson, de la genèse à la réception ». Au-delà des traits wagnériens présents dans la version finale de l’opéra, qui ont déjà fait l’objet de plusieurs études importantes (on pense en particulier à l’ouvrage de Steven Huebner, French Opera at the Fin de Siècle : Wagnerism, Nationalism, and Style, Oxford University Press, 1999), j’y aborde notamment la genèse du livret et de la musique du Roi Arthus, dans une première tentative de retracer le processus complexe de « déwagnérisation » traversé par Chausson pendant les neuf ans qui ont séparé les premières esquisses (1886) de la version finale de l’opéra (1895). Une telle étude nécessite bien sûr un important travail dans les sources premières : correspondance, brouillons et manuscrits, dont une bonne partie est conservée à la Bibliothèque nationale de France (des manuscrits autographes du Roi Arthus se trouvent également à la University of Western Ontario, London, Ontario, et au Harry Ransom Humanities Research Center, Austin, Texas).

Mon séjour à Paris, du 20 au 28 juin 2009, avait pour objectif de compléter les recherches approfondies que j’avais déjà faites à l’été 2007 à la Bibliothèque nationale de France et dans les archives de la famille Chausson. Malgré la fermeture temporaire du Département de la musique de la BnF, j’ai pu avoir accès aux originaux des cahiers d’esquisses pour Le Roi Arthus qui y sont conservés, ce qui m’a permis de rectifier des analyses et des transcriptions réalisées à partir de reproductions en noir et blanc sur microfilm, complétant ainsi un chapitre de ma thèse et le matériel nécessaire à la réalisation de l’une des annexes. J’ai également pu faire d’importantes vérifications dans différents périodiques de la fin du 19e siècle et du début du 20e siècle, conservés au site François-Mitterand (Tolbiac), ce qui m’a permis de préciser l’argumentation de deux chapitres de ma thèse.

À Berlin, où j’ai séjourné du 29 juin au 15 juillet 2009, j’ai également mené des recherches à la Staatsbibliothek zu Berlin (Musikabteilung), où sont conservés des documents essentiels à mes travaux et que je n’avais pu obtenir par prêt entre bibliothèques (notamment le volume des Bayreuther Festblätter, 1884). J’ai par ailleurs assisté à trois séances du Colloquium de M. Jürgen Maehder, « Methodenprobleme der Forschung » ; au cours de la dernière de ces séances, le 14 juillet 2009, j’ai présenté mes travaux de doctorat, ce qui m’a permis de recevoir des commentaires particulièrement précieux à ce stade avancé de la rédaction de ma thèse. Retrouver mes collègues de la FU a été un plaisir doublé d’avantages pratiques inattendus : l’un d’eux m’a en effet fourni un enregistrement très rare de Fervaal, opéra de Vincent d’Indy composé au même moment que Le Roi Arthus, et dont l’étude est essentielle pour établir le contexte de création de l’opéra de Chausson ; cet enregistrement m’a permis d’entendre pour la première fois un opéra dont je ne connaissais jusque-là que la partition. Enfin, j’ai profité de ce séjour pour soumettre à M. Maehder une première version de ma thèse et pour planifier avec lui les prochaines étapes de mon parcours : le dépôt de ma thèse à Montréal et à Berlin, puis la soutenance, qui doit avoir lieu à Montréal en septembre 2010, et enfin la publication, essentielle à l’obtention du titre de Docteur dans les universités allemandes, et pour laquelle des possibilités très intéressantes se présentent.

En somme, ce séjour d’études et de recherche a été extrêmement fructueux et profitable pour l’achèvement de ma thèse, ce qui me permet d’aborder avec confiance le dernier droit de la rédaction, en vue d’une publication désormais assurée.