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Rapport de séjour d’études - Vincent Riendeau - 2008

Avec le soutien financier du Centre canadien d’études allemandes et européennes, j’ai participé au séminaire crédité « EAE6041B : L’Allemagne dans le contexte européen 2 », organisé par MM. Thomas Beschorner et Mathias Schmidt dans la ville de Kaiserslautern (Palatinat, Allemagne) du 28 juillet au 1er août 2008. Majoritairement, des étudiants allemands participaient au séminaire, co-organisé par la Consulting Akademie et financé par l’Evangelische Akademie du Palatinat. Ayant pour thème la diversité et la justice dans l’intégration sur le marché du travail et dans la société en général, le séminaire consistait en des présentations données par des professeurs d’universités allemandes et québécoises et par des intervenants du milieu professionnel. L’apport de ce séminaire à mes connaissances fut indubitable. Je veux ici en esquisser les principales dimensions.

Au point de vue de l’approfondissement de ma connaissance des institutions allemandes et du pays, j’ai clairement bénéficié du séjour à Kaiserslautern. En effet, au cœur de la ville, le fait d’être un étudiant étranger parmi une forte majorité d’Allemands fut un élément-clef de mes apprentissages à partir d’autres référents culturels, de catégories épistémologiques et méthodes différentes. De plus, j’ai été initié à la forme des conférences et des débats caractéristiques des cycles supérieurs ; c’est-à-dire qu’il s’agissait de la première occasion pour moi d’entrer en contact avec une façon de faire qui permet l’approbation par les pairs et la vérification du savoir. Ainsi, ces conférences et les discussions qui les suivaient m’ont donné un avant-goût de ce qui m’attendait à la maîtrise cette année. Cela fut un apport catégorique.

En ce qui concerne la forte tangente relative aux sciences économiques qui sous-tendait tout le séminaire, il est manifeste qu’elle fut la clef de voûte de mon séjour, m’initiant à de nombreuses notions de l’économie et du management tout comme à des théories économiques moins connues du grand public. N’étant guère érudit dans les domaines économique, financier ou managérial, mon apprentissage le plus fascinant fut celui de la théorie du « Social Choice » (Amartya Sen) à travers la présentation du Dr. Walter Schmidt (Universität Tübingen). Outre Sen, je pus m’initier à certains économistes tels que Friedmann et Keynes tout comme aux notions-clefs que sont les dépositaires d’enjeux (stakeholders), les principes du minimax et du maximin, etc. En ce sens, ce séminaire en fut un d’interdisciplinarités qui me mena, entre autres, à m’intéresser aux sciences économiques et éventuellement à la philosophie du droit, changeant de façon draconienne ma façon d’aborder mon sujet de mémoire et en modifiant les hypothèses.

Les différents débats prenant place suite aux conférences organisées étaient riches en nouvelles idées et ce fut pour moi l’occasion d’approfondir un sujet de recherche qui m’intéresse énormément : nommer ou ne pas nommer la diversité ? En effet, par certaines comparaisons avec le système linguistique norvégien, qui fait fi des genres grammaticaux et leur préfère un masculin neutralisé : faut-il continuer à organiser la diversité linguistique sur le plan d’un idéal de diversité sociale atteignable ou conviendrait-il mieux de ne pas nommer cet idéal (le cas norvégien) pour l’atteindre, évitant ainsi de porter une trop importante emphase sur les caractéristiques non significatives de la diversité ? Bref : est-ce en nommant la diversité et ses caractéristiques que l’on l’intègre mieux ? Ou pis ? Il s’agit donc d’une réflexion pragmatique sur le langage.

En somme, alliant l’économie, la pragmatique (linguistique) et dans une certaine mesure la philosophie du droit, cette expérience a certainement façonné les assises de recherche de mon mémoire de maîtrise, bien que son sujet ne soit pas directement relié aux thèmes abordés pendant ce séminaire.