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Rapport de séjour d’études - Alex Perreault - 2008

Rapport CONSULTING AKADEMIE 2008

Du 28 au 2 août 2008 eut lieu l’édition 2008 de la Consulting Akademie (CA) dans la ville de Kaiserslautern en Allemagne. Trois étudiants de l’Université de Montréal, grâce au concours du Centre canadien d’études allemandes et européennes, se sont vus octroyer la chance de se rendre en Allemagne pour participer à ce séminaire intensif. Il s’agit d’une opportunité offerte à des étudiants de différentes disciplines d’appliquer leurs connaissances issues de parcours parfois très différents à la réalisation d’une tâche ou d’un projet demandant l’apport d’une expertise en éthique, comme cela pourrait se produire en entreprise ou au sein de communautés. Le point qui relie ces différents étudiants est la volonté, bien sûr, d’approfondir leurs réflexions sur l’éthique, mais aussi de les traduire en pratiques et en techniques, dans le cadre d’exercices plus concrets. Cette expérience doit servir, pour certains, de tremplin vers une carrière en gestion des ressources humaines, pour d’autres, de spécialisation dans le domaine des relations industrielles, plus particulièrement en « éthique managériale » (Unternehmensethik) et éthique économique (Wirtschaftsethik).

La semaine en elle-même était planifiée de sorte que les étudiants maximisaient le court laps de temps passé ensemble, tout en contrôlant les dépenses associées à l’hébergement et à l’accueil de 20 étudiants venant de différentes régions à Kaiserslautern. Ainsi commença l’Akademie le lundi dès 13h par une activité de présentation. Tout d’abord, les deux professeurs, Thomas Beschorner (Relations Industrielles, UdeM) et Mathias Schmidt (Philosophie, TU Kaiserslautern) se sont présentés à tour de rôle, puis le professeur Schmidt a exposé l’idée derrière la Consulting Akademie et le déroulement du programme. Par la suite, nous avons participé à une activité qui permit tout à la fois de mettre en commun nos connaissances respectives dans le domaine du management et de l’éthique et de mieux nous connaître. Après une courte pause, nous avons immédiatement commencé par une présentation de la position des professeurs responsables de la CA. Les jours suivants se déroulèrent en alternant des présentations plus théoriques et des ateliers en équipe.

Le thème qui unissait les différents exposés et ateliers fut : « Diversität und Gerechtigkeit ». Plus précisément, il importait de réfléchir à la façon dont l’idée de « justice sociale » s’articule avec le concept de « diversité » en entreprise et/ou en société ainsi que de confronter le concept à la réalité qu’il représente pour les différents partis engagés dans un conflit. Bien que la philosophie ait été la pierre d’assise sur laquelle s’est construite notre réflexion, d’autres disciplines furent mise à profit, comme l’économie et la sociologie, dans ce dernier cas par le présence de Barbara Thériault, professeur au département de sociologie de l’Université de Montréal. La raison de cette importance accordée à la philosophie reste tout de même très claire : l’éthique en est une des composantes essentielles d’une réflexion philosophique appliquée. Ainsi avons-nous eu la chance d’entendre d’éminents professeurs d’un peu partout en Allemagne nous entretenir des différents courants de pensées concernant l’idée de « Gerechtigkeit » ou encore de développer les thèses plus récentes de l’économiste Sen ou du philosophe Rawls. Il convient donc de soutenir que l’approche interdisciplinaire privilégiée par les responsables fut un atout par l’occasion que nous offraient ces réflexions de revenir plus près des soucis et des doléances qui sont souvent avancées par les gens ayant partie prenante dans une situation exigeant une telle solution.

Étant avant tout un exercice de formation orienté vers le développement de compétences liées aux multiples secteurs du management (ressources humaines, relation publique, expert analyste), les participants devaient tous prendre part, en équipes, à des ateliers afin de répondre à une tâche assignée dès le début de la CA. Aux cours de ces ateliers, les étudiants approfondissaient les notions acquises lors des sections plus théoriques au cours desquelles des intervenants présentaient un exposé en relation plus ou moins directe avec le thème. De façon très surprenante, la partie théorique était vraiment dense. Au point ou certains participants se sont plaints de ne pas pouvoir poser les questions qu’ils jugeaient essentielles pour une bonne utilisation des concepts dans le cadre de notre exercice. Et surtout, le retard pris au cours de certains exposé associé au engagements ponctuels pris par les responsables se sont répercutés sur les ateliers, par une diminution du temps alloué à cette portion essentielle du travail. L’allégeance des professeurs à l’idée de volontarisme a conduit à une situation aberrante où deux équipes de six et une de cinq personnes furent formées laissant une équipe composée de trois personnes assumer l’ouvrage prévu pour cinq participants. Lors de l’avant-midi du vendredi 2 août eut lieu une présentation du travail de chaque équipe. L’exercice consistait à simuler une rencontre entre le groupe expert – l’équipe chargé du projet – et les mandataires – groupes d’intérêt, de citoyen ou conseil d’administration selon les cas. Les solutions apportées étaient donc discutée – plus ou moins sérieusement par moment - et les étudiants confrontés à la ténacité des divergences d’intérêts et d’opinions.

Si l’expérience en fut une particulièrement stimulante, on retiendra toutefois l’absence de description empirique de la situation en Allemagne. De nombreux étudiants se connaissaient déjà par la fréquentation d’un organisme « Studentisches Netzwerk für Wirtschafts- und Unternehmensethik » (SNEEP) qui s’occupe de développer un réseau pour les personnes intéressé à la Wirtschaftsethik. De plus, la présence d’étudiants canadiens ne semble pas avoir fait l’unanimité quant à sa pertinence académique. Toutefois, l’apport s’est fait sentir, à mon avis, dans le travail d’équipe. L’organisation et la logistique du séminaire démontraient à eux seuls que cette activité est bien implantée et que l’expérience porte fruit depuis bon nombre d’années. Il serait avantageux de trouver un moyen pour permettre un meilleur accès à Internet dans les prochaines années, si on considère que les ressources employées par les étudiants seront de plus en plus accessible par cet ensemble de médiums. Quant à savoir si le Centre d’études allemandes et européennes devrait s’associer à nouveau à cet événement, la réponse est plus que positive. L’expérience que cela procure aux étudiants de l’Université de Montréal est des plus formatrices par son orientation vers les aspects pratiques du travail dans le domaine de l’éthique. Bien que le séminaire ne soit pas international par vocation, la perspective nouvelle que peuvent apporter des étudiants étrangers est en soi un atout.