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Rapport de séjour S Mitropolitski

Rapport de stage de recherche en Bulgarie, mai-juin 2011

Bourse du CCEAE

Mon séjour de recherche en Bulgarie aux mois de mai et juin 2011 s’inscrit dans la phase finale de mon projet doctoral. Ce dernier porte sur l’influence de l’intégration européenne et le rôle de l’Allemagne dans ce processus, ainsi que sur le développement d’une culture politique démocratique au sein des pays postcommunistes. Le séjour a servi à rencontrer les objectifs suivants :

  Approfondir ma connaissance sur les effets de l’influence de l’Allemagne et de l’Union européenne en tant qu’acteurs internationaux envers le développement de la culture politique démocratique en Bulgarie, membre de l’UE depuis 2007 ;

  Évaluer le niveau d’influence de ces acteurs internationaux en utilisant des techniques qualitatives et ethnographiques, telles des entrevues biographiques et des observations de type non-participant ;

  Vérifier des nouvelles hypothèses qui sont apparues comme résultats d’analyses d’informations des séjours de recherche précédents en Bulgarie, en 2009 et 2010.

Le séjour de recherche en mai-juin 2011 en Bulgarie m’a permis de rencontrer des bas fonctionnaires de l’administration publique ainsi que diverses autres personnes détenant différentes connaissances et intérêts dans le processus d’intégration européenne, tels des professeurs universitaires et des agents d’organisations non gouvernementales. La plupart des gens de ce milieu avaient déjà été rencontrée pendant les séjours de recherche précédents. Le séjour actuel devait répondre aux défis posés par l’analyse des résultats des terrains antérieurs. Ces derniers avaient notamment suscité une question-clé qui demeurait sans réponse définitive : quelle est la dynamique entre les discours politiques opposés qui se présentent comme le résultat direct de l’influence internationale ? En d’autres mots, si l’influence européenne et allemande dans le nouveau contexte d’intégration politique continentale produit des sous-cultures politiques à vocation pro-démocratique et antidémocratique, quel serait le résultat d’une rencontre entre ces sous-cultures dans le domaine discursif ? En ce qui a trait aux gens qui appartiennent au groupe ayant un discours plutôt apathique face à la politique, en bref des gens qui sous influence externe deviennent de moins en moins politiquement actifs, une rencontre simulée avec moi-même en tant que représentant fictif du discours opposé, actif et pro-démocratique ne donne pas de nouveaux résultats ; les gens demeurent politiquement passifs. Ceux qui sont devenus politiquement plus actifs face à une influence externe, par contre, ont tendance à devenir moins démocratiques dans leurs propos, tout en restant politiquement actifs. Ceux-ci demeurent actifs, pour la plupart, même si une rencontre avec le discours opposé les place dans une situation difficile et potentiellement tendue sur le plan émotionnel. Ils cherchent à sortir de cette situation en préconisant des solutions politiques non-démocratiques, allant de restrictions de consultations de l’opinion publique sur certaines questions jusqu’à l’élimination complète du pouvoir d’intervention des élus démocratiques auprès de la bureaucratie, considérée comme le centre de prise de décisions. Ces derniers résultats, une nette diminution du niveau démocratique au sein de la culture politique surtout chez ceux qui originellement ont tendance à montrer une augmentation de ce niveau, représentent un résultat contre-intuitif et, de plus, à ma connaissance, une probable découverte nouvelle dans la littérature.

En conclusion, l’observation stimulée de la dynamique discursive pendant mon séjour en Bulgarie donne des résultats suffisants pour confirmer que l’influence externe représente à la fois un processus multidimensionnel et culturel. L’aspect multidimensionnel non seulement crée des avenus différentes d’influence, mais crée aussi des possibilités d’une dynamique d’influence réciproque entre ces avenues qui donne des résultats non-prévus. L’aspect culturel intègre la dimension symbolique, lié ou pas à l’appareil émotionnel, pour crée un modèle d’influence plus riche que le simple modèle d’inspiration institutionnelle ou stratégique. Ces derniers résultats me permettent de terminer ma thèse de doctorat dans les échéances prévues.