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Max Weber à l’épreuve de la mondialisation

CRSH

Organismes subventionnaires

  • Conseil de recherche en sciences humaines du Canada (CRSH) / Le Centre canadien d’études allemandes et européennes

Membres

a) Chercheur principal

  • Laurence McFalls, science politique, Université de Montréal

b) Chercheurs associés

  • voir axes de recherche ci-dessous

Description du projet

Ce groupe cherche à évaluer la pertinence de la pensée wébérienne pour l’analyse des transformations et des dynamiques qui marquent notre horizon socio-historique. Ses recherches s’inscrivent dans un vaste mouvement de renouveau des études wébériennes, qui déborde les frontières géographiques et disciplinaires à l’intérieur desquelles l’œuvre de Max Weber a traditionnellement été confinée. Mais elles s’en démarquent aussi, puisque leur principale visée n’est pas de « reconstruire » une théorie wébérienne compréhensive, ni d’intervenir dans les querelles d’interprétation qui animent actuellement la postérité de Max Weber. Même si le projet engage une relecture minutieuse des textes wébériens, son objectif premier est de tirer profit, dans le cadre de recherches empiriques, de la méthode « historico-comparative » et des procédures « multicausales » mises en œuvre par Weber dans ses propres travaux. Si la mondialisation se présente comme une épreuve, tant par les pratiques qu’elle recouvre que les discours scientifiques qui l’accompagnent, elle offre, en raison même de leur nouveauté apparente, autant d’occasions de mesurer la puissance heuristique de l’approche wébérienne.

Axes de recherche

Regroupant une dizaine de collaborateurs réguliers, les travaux du groupe de recherche se déploient suivant cinq axes principaux :

Axe « esthétique »

Responsable : Philippe Despoix (littérature comparée, Université de Montréal) Autres chercheurs : Guido Görlitz, (Centre de recherche sur l’intermédialité, Université de Montréal), Stefanie Waterstradt (Humboldt Universität)

En partant de ce texte très difficile qu’est la Musiksoziologie de Weber, il s’agit de poser les fondements de ce que l’on pourrait appeler une « anthropologie du médium technique », laquelle permettrait de retracer la trajectoire de la production musicale occidentale en fonction de l’évolution des formes de médiation (instruments, notations, supports, reproduction), de la transformation des problèmes techniques (harmonie, gamme tempérée, synthèse du son, etc.) et de la configuration des certains « lieux » typiques de production. Trois terrains d’investigation sont plus spécifiquement envisagés : • Une analyse du rôle des « médiations » dans le syncrétisme culturel : le phonographe, etc. • Une étude ethnographique de la production d’instruments de synthèse du son • Une sociologie du disque

Axe « droit »

Responsable : Michel Coutu (relations industrielles, CRDP, Université de Montréal) Autres chercheurs : Guy Rocher (CRPD, Université de Montréal), Marie-Hélène Giroux (CRPD, Université de Montréal), Caroline Gendreau (CRPD, Université de Montréal).

On s’efforcera de dégager la signification culturelle que l’on peut assigner au double-mouvement de transformation qui traverse l’ensemble du droit contemporain : la constitutionnalisation accélérée des systèmes juridiques, d’une part, et le développement de domaines juridiques hyper-spécialisés et leur instrumentalisation par les systèmes sociaux, de l’autre. Fidèles aux analyses pluridimensionnelles de Weber, deux niveaux d’analyse seront sans cesse mis en relation : 1. Celui des représentations internes au droit et de la culture juridique (dans quelle mesure la dogmatique du droit devient-elle une fiction - elle présuppose une certaine unité ou cohérence des systèmes juridiques qui apparaît en effet de plus en plus impossible) ; 2. Celui de la vie empirique elle-même, par exemple l’impact de la « rationalisation en valeur » du droit sur les rapports de travail ou, à un autre niveau, sur la domination légitime.

Axe « science »

Responsable : Laurence McFalls (science politique, Université de Montréal)

Autres chercheurs : Kevin Hébert (doctorant, Université de Montréal / Freie Universität Berlin)

Par sa traduction et sa réception à l’intérieur d’univers socioculturels très différents, l’œuvre de Max Weber a acquis une étonnante plurivocité et s’est déclinée en une multitude de pratiques scientifiques. Ce travail de recherche tentera de retracer et de comprendre le jeu de transferts intellectuels par lesquels la pensée wébérienne s’est détachée de son contexte premier (l’Allemagne wilhelminienne) pour devenir une référence au sein de la communauté internationale des chercheurs en sciences humaines. Notre recherche voudra montrer que c’est en fait la méthode wébérienne elle-même qui est la mieux à même d’expliquer la divergence des pratiques scientifiques et des interprétations savantes qui ont accompagné la réception de l’œuvre de Weber, puisqu’elle prend simultanément en compte [A] la logique intrinsèque (Eigengesetzlichkeit) des formes de rationalité scientifique, [B] les intérêts et les dispositifs institutionnels qui déterminent les couches porteuses (Trägerschichten), [C] les moyens techniques à leur disposition (notamment l’accessibilité des textes et leur traduction).

Axe « religion »

(en liaison avec le groupe Islam et débats publics) Responsables : Barbara Thériault (sociologie, Université de Montréal), Frank Peter (Leiden / Freie Universität Berlin). Voir plus bas la description du groupe Islam et débats publics.

Axe « politique »

Chercheurs : Dominique Leydet (philosophie, Université du Québec à Montréal), Augustin Simard (doctorant, EHESS), Elke Winter (doctorante, York).

Le présent axe se propose d’analyser les transformations qui affectent depuis une décennie le fonctionnement de la démocratie constitutionnelle à la lumière d’une « sociologie de la domination » d’inspiration wébérienne. Il s’agira donc d’examiner la manière dont la mutation des formes de légitimité étatique - i.e. du type de prétentions articulées à l’intérieur d’un groupement de domination précis (ici l’État) - a commandé la mise en œuvre de nouvelles pratiques constitutionnelles et l’élaboration d’un ensemble de représentations (doctrinales ou politiques) inédites. L’investigation portera tout particulièrement sur la pluralisation de la notion de constitution. Si la constitution a été classiquement conçue comme l’émanation d’un pouvoir constituant qualifié en termes monolithiques, elle peut à l’inverse être envisagée sous la forme d’un pacte plurivoque, appelé à évoluer en fonction d’une histoire qui lui est propre. Notre recherche s’orientera selon trois questions distinctes mais convergentes : • De quelle façon l’apparition de ce type de pluralisme s’inscrit-elle dans le mouvement de formalisation du droit public qui marque le développement de l’État constitutionnel depuis deux siècles ? • Comment la représentation d’une constitution en tant que pacte affecte-t-elle le déroulement des conflits constitutionnels et la manière dont les normes constitutionnelles peuvent être mobilisées par des groupes minoritaires ? • Selon quel clivage envisager l’articulation d’une analyse wébérienne de la légitimité de l’État constitutionnel et les théories à prétention normative ? Bourses Le groupe de recherche Weber lance de façon régulière des concours de bourses d’appoint pour étudiants gradués. Ces bourses ont pour but d’encourager de jeunes chercheurs à poursuivre ou à approfondir l’étude de certaines problématiques dessinées par Max Weber. Les travaux des boursiers doivent être étroitement liés à un des axes du projet de recherche.

Le séminaire Max Weber

Le séminaire Max Weber se veut un forum d’échanges et de rencontres interdisciplinaires réfléchies. Chaque séance prend la forme plutôt classique d’une conférence publique, suivie d’une période de questions et de discussion. Au cours de l’année, le séminaire accueille plusieurs conférenciers invités - professeurs québécois, canadiens ou étrangers - qui, sans être des « wébérologues », viennent traiter d’un thème ou d’un problème relié à l’un des axes du projet Weber. Ce séminaire est ouvert à tous : professeurs, chercheurs, étudiants, professionnels. Publications

Axe « esthétique »

• Max Weber : Rudolf Stammler et le matérialisme historique, traduction et introduction de Michel Coutu, Dominique Leydet, Guy Rocher et Elke Winter, Collection Pensée allemande et européenne, Presses de l’Université Laval, 2002 • Elke Winter : Max Weber et les relations ethniques. Du refus du biologisme racial à l’État multi-national, suivi de Les débats sur « race et société » au premier Congrès de la Société allemande de sociologie avec une préface de Philippe Fritsch, Collection Pensée allemande et européenne, Presses de l’Université Laval, 2004. Sous presse : • Actes du colloque La légitimité de l’État et du droit. Autour de Max Weber, sous la direction de Michel Coutu et de Guy Rocher, Collection Pensée allemande et européenne, Presses de l’Université Laval • Pierre Gendron, Modernité religieuse et société, Collection Pensée allemande et européenne, Presses de l’Université Laval • Actes du colloque The Objectivist Ethic and the Spirit of Science : One Hundred Years of Max Weber’s “Objectivity” of Knowledge, sous la direction de Laurence McFalls, University of Toronto Press Calendrier des acitvités 2005 • 24-26 juin : Colloque sur la sociologie wébérienne de la musique en collaboration avec le Centre interdisciplinaire d’études et de recherches sur l’Allemagne (CIERA) et l’Institut de recherche et de coordination acoustique/musique (IRCAM). 2004 • 25-27 mars : Colloque scientifique annuel L’éthique objectiviste et l’esprit de la science : 100 ans de L’« objectivité » de la connaissance de Max Weber, Université de Montréal 2003 • 15-17 avril : Colloque scientifique annuel La légitimité de l’État et du droit. Autour de Max Weber, Université de Montréal